GR 30 - jour 4
De Rouillas-Bas à Saint-Nectaire
Lundi 29 septembre 2025
Le quatrième jour se présente sous les meilleures auspices. Le ciel est d'un bleu parfait avec une légère fraîcheur automnale : ce sera parfait. Par ailleurs, je devrais avoir des dénivelés plus faibles que les jours précédents et, je pars "léger". En effet Laurent et Ingrid, mes hôtes du gîte le Moulassat, ont accepté que je leur laisse la moitié de mon chargement ! Je reviendrai le chercher en fin de semaine.
Je ne mets pas longtemps à me préparer, je dis au revoir à Laurent qui est resté à la maison ce matin, puis je me dirige vers la boulangerie-supérette du village de Rouillas-Bas à 200 m. Je prends de quoi faire le petit-déjeuner, le déjeuner et le repas du soir. Je dois prévoir large car l'hôtel pour ce soir ne sera ouvert que pour moi, et leur restaurant est fermé toute la semaine. Il n'y aura aucun restaurant ou superette ou boulangerie ouverts à Saint-Nectaire cette semaine
Après cette petite pause sous un franc soleil, je commence l'étape du jour : direction le lac d'Aydat, aperçu la veille en contrebas de Rouillas-haut. Pour y parvenir, il faut traverser une petite forêt puis une légère côte où je peux éprouver une certaine légèreté mais j'ai un genou "anesthésié", du moins est-ce la sensation que j'éprouve. Je ne rencontre personne en ce lundi matin.
Un promontoire à même le lac, les oiseaux qui chantent : il règne ici une grande sérénité. Plus loin c'est un banc de brouillard frôlant le lac, qui se révèle entre les branches
La route monte en contournant le lac par le sud, sous les frondaisons. Un virage en épingle à cheveu, qui monte à gauche, et je fait face à un soleil franchement chaud. l’ascension ne serait pas difficile en temps normal, mais je tiens à épargner mon genou car je sens que ma jambe droite est bien ankylosée. Mon ampoule sous l'orteil se fait parfois sentir, mais pas au point de m'empêcher de marcher 😁
Je monte via un chemin de terre vers Phialeix que je vais contourner par l'est.
Lors de cette montée, j'ai un point de vue vers le Puy de Dôme qui me semble encore bien proche.
Plusieurs kilomètres vraiment faciles (en comparaison des 3 jours précédents) dans des paysages magnifiques sous ce soleil. Franchement c'est une balade bien agréable entre champs, rochers et fermes ! Quelques vaches et une légère brise !
Je rejoins ainsi la D145 puis la remonte sur 200 m pour m'engager sur un petit chemin qui aboutit en quasi fossé. Ce dernier a de l'eau sur 30-40 cm de hauteur. Avec l'aide des bâtons je progresse au-dessus de ce ruisseau sur quelques centaines de mètres et je sors au lieu-dit Le Mas. Il y a là un gîte qui est idéalement situé pour les amoureux de tranquillité au pied des volcans.
Il faut contourner ce "mas" pour arriver sur une clôture que je dois franchir puis traverser un champ où paissent les vaches. Je traverse un bouquet d'arbres puis de nouveau la clôture pour sortir sur le chemin de graviers qui m’emmène vers Cournols.
La campagne dans tout sa splendeur, rien que pour moi ! Les animaux sont curieux quand ils me voient passer. Même une Salers (peut-être la cheffe du troupeau) tient à venir tout près de moi et faire un selfie 😁
Après les Salers, je tourne à gauche pour monter vers un champ qui héberge le Menhir de Cournols. Un poil plus haut j'ai un panorama sur ce petit village que l'on dirait endormi. La voiture de facteur passe dans un virage et rentre dans le village ; quelques oiseaux et un vent qui se renforce un peu mais reste toujours agréable.
J'emprunte à droite la route qui se dirige vers les gorges de la Monne. Après une promenade dans un champ humide, qui présente par endroits quelques grandes flaques à peine visibles dans les hautes herbes, j'arrive en surplomb des gorges : c'est vraiment profond. Il va falloir descendre et remonter tout çà ? Tout à fait possible car le genou se ressent bien moins depuis les Salers.
Je ne dirai pas cependant que je n'ai plus de douleurs, c'est le GR30 quand même et il faut les mériter tous ces paysages 😉.
Je descends donc un chemin étroit à travers une forêt de sapins pour déboucher sur un petit pont de pierre.
Petite pause avant l’ascension pendant laquelle je discute avec des Hollandais en vacances qui, tout comme moi, sont très enthousiasmés par toute cette nature qui semble n'attendre que nous. Si vous n'êtes pas randonneurs, malgré tout vous pouvez vous rendre ici, soit depuis un petit parking du côté de Cournols, soit depuis Olloix sur la rive sud : c'est tout simplement magnifique !
Il est midi et à ce pont précisément je viens de faire la moitié de ma boucle sur les GR30 et GR4 (~60 km), ainsi que la moitié du trajet du jour. L'endroit est enchanteur mais un peu frais pour la pause de midi. Je vais donc monter vers Olloix, tout doucement et m'arrêter à l'aire de pique-nique. Il y a là un banc qui offre un point de vue sur les gorges d'est en ouest. A l'ouest se profile le col de la Croix Morand : c'est de l'autre côté que je suis parti il y a trois jours et demi.
Le moral est au top, et ne va faire que grandir les heures et jours qui suivent. Je prends le Puy d'Auzelle (magnifique colline boisée) et celui d'Olloix en point de mire et repars sous le soleil vers le village préservé d'Olloix.
C'est tellement beau ici que je m'arrête souvent faire des photos : des petits villages perchés au loin, un château ici ou une abbaye là-bas. Partout des bois ou des pâturages.
Je traverse Olloix puis monte vers le Puy d'Olloix. Je vais faire toute une boucle sur ce dernier avec des points de vue incroyables sur l'Auvergne. Les images parlent d'elles-mêmes...
Après le Puy d'Olloix, je continue sur des chemins de terre bordés de petites cascades, sous les frênes. Je fais une pause vers Lenteuge un tout petit-village où est installée une table sous un saule-pleureur, le long d'une rivière. Idéal pour finir mon Saint-Nectaire 😋
Peu après, je constate qu'il reste des stigmates des très fortes averses de la semaine passée. En effet, pour pouvoir traverser le pont qui enjambe le ruisseau de Lambre, je dois auparavant passer sur une coulée de boue qui n'est pas encore totalement sèche et qui vient du sentier pentu de quelques 600 mètres de long. Tout le long la montée, je vois les cailloux striés par les frottements des pierres venues du haut. Je repense à Jean-François, le randonneur croisé le premier jour, qui me parlait d'une semaine paradisiaque : il a quand même dû avoir des moments difficiles sous les trombes d'eau.
Arrivé au plateau de Sailles se dessine le château de Murol, que je longerai demain : déjà !!! Je n'en reviens pas du chemin parcouru.
D'autant qu'entre les arbres, vers Sauvagnat j'aperçois le Puy de Dôme si loin.
Je suis tout prêt de la fin de l'étape du jour. Au sortir d'un virage je peux admirer Saint-Nectaire, tout en bas et le château de Murol plus loin ainsi que la vallée de Chaudefour et le Puy de Sancy tout là-bas. Je descends donc vers Saint-Nectaire sur un chemin de terre où court littéralement un ruisseau : je zigzague tout du long et prends mon temps : il est 15h30 seulement
Encore quelques maisons et je débouche sur la basilique de Saint-Nectaire qui trône au sommet de sa colline. Il y a peu de touristes car cette semaine tous les magasins (ou presque) sont fermés. Tout au plus, peut-être un car de personnes âgées, qui visitent l'église.
Comme je suis le seul client de l'hôtel de la Paix ce soir, je profite du soleil et du lieu. Le village est très calme et n'est traversé que par de rares voitures aux plaques de toute la France mais pas d'Auvergne. Parfois un tracteur ou un car, et un seul randonneur : moi-même. En effet, je n'ai rencontré personne depuis le pont de la Monne. C'est vraiment une randonnée paisible qui me permet de prendre mon temps
Il est 16h30, je descends vers l'hôtel de la Paix qui est juste en-dessous de la basilique. Les clés de l'établissement et de ma chambre m'attendent dans une boîte à code. Je m'installe tranquillement dans le silence le plus complet. Je dois vraiment remercier les gérants qui n'ont ouvert que pour moi. Sinon j'aurais dû marcher jusqu'à Murol; soit 6 kms de plus. Je ne pense pas que j'aurais apprécié ma journée de la même manière
Bilan de cette journée
- Le genou a tenu : plus de doute quant au physique
- Le moral est au maximum et je me sens capable d'aller jusqu'au Sancy
- Une étape intermédiaire entre les Puys et les hauts plateaux d'Auvergne très variée en terme de paysages